Nous sommes entrés dans cette salle, où se trouvait Mme JACUBERT. Nous nous sommes installés et
elle était assise là, en face de nous, prête à raconter sa périlleuse histoire. Mme JACUBERT est une personne assez courageuse et forte pour revivre son expérience en nous la contant. Le moindre
bruit cessa lorsqu'elle prononça ses premiers mots. Déjà à cet instant nous étions plongés au cœur même du sujet. Tous les regards étaient tournés vers cette femme qui a su nous faire revivre ce
moment terrible, qui a su faire partager la souffrance qu'elle a endurée pendant près de six ans, qui a su faire de l'air qui régnait dans cet endroit, une profonde amertume, de la déception pure.
Elle continua pendant cette heure et demie son anecdote, sans provoquer chez nous la moindre lassitude, avec toujours le même pouvoir de transmission des émotions.
Elle retraça son chemin en nous le résumant, elle en décrivait la souffrance qu'elle dû y endurer et en dégageant le mal qu'il contenait. C'est alors qu'elle continua, elle énonça la mort de ses
parents, ainsi que l'envol des âmes des amis qu'elle vénérait. Mme JACUBERT nous a appris que la clé de sa survie était l'amitié, l'association de deux personnes, se complétant ainsi, afin de se
donner la force de continuer pour cette lutte pour la vie. Ces deux heures passées en sa présence nous ont fait comprendre que la vie n'est pas toujours un chemin sans fossés bordé de fleurs; elle
peut aussi être une allée, envahie de cratères, menant plus vite qu'on ne le pense dans un gouffre où règne un enfer cauchemardesque, un enfer effrayant. Il est parfois suivi, comme celui de Mme
JACUBERT, d'un tunnel conduisant à la surface. La vie qu'elle dut reconstruire après cette effroyable épreuve n'a été que des années de tristesse, de patience, et d'endurance, des années qui ont
fini par payer car aujourd'hui elle nous délivre son témoignage. Pou finir, cette femme nous a montré son tatouage, elle était le numéro A16278.
Lionel Massari